Nouvelle vague

L’arrivée d’une nouvelle vague épidémique fait mal aux hôpitaux, aux soignants, aux malades, aux entreprises, aux bien-portants. Emmanuel Macron se fait chahuter. On dénonce son exercice solitaire du pouvoir, on brocarde un président épidémiologiste.

En entreprise, hélas, l’exercice n’est pas moins solitaire. Alors que des mesures sanitaires sont suggérées par le protocole national (archive) que nous suivons presque à la lettre, un point particulier échappe de nouveau à notre propre interprétation : le télétravail à 100%. Ne tirez pas sur le copiste, un patron se cache derrière…

Sans concertation avec les représentants du personnel, il a décidé de poursuivre la politique du 3 jours de télétravail, 2 jours de présentiel. Certes, les parents ayant la garde d’enfant auront la possibilité de télétravailler à 100%, mais jugez de l’aberration de la règle : à poste identique, seuls les parents auront cette possibilité. “Le caractère indispensable” de notre présence sur site était déjà contestable, avec cette règle l’indispensable ne tient plus.

En lieu et place d’une décision verticale, une concertation aurait été plus judicieuse. Quitte à déroger au protocole, voici notre préconisation : laisser au salarié le choix dans sa manière d’exercer son activité. Pas plus bête qu’un autre, il saura adapter le rythme de son télétravail en fonction de ses propres conditions sanitaires, familiales, mentales. Cette position, iconoclaste dans un premier temps, est maintenant légitimée par le protocole sanitaire du 23 mars où un retour sur site est possible un jour par semaine pour les salariés qui en expriment le besoin : le salarié devient l’arbitre sur la manière de faire. La bureaucratie parisienne peut en apprendre à une entreprise agile.

La question de l’efficacité au travail, dans le cadre du télétravail, est légitime. La règle du 3 jours de télétravail + 2 jours de présentiel, semble venir de là : participer à l’effort sanitaire sans trop entamer la performance du travail. A cette crainte, plusieurs réponses. L’efficacité au travail n’a pas été chahutée plus que cela après plusieurs mois de télétravail soutenu. Notre productivité ne sera pas bousculée par 6 jours en plus de télétravail sur une période de 3 semaines. C’est en télétravaillant que l’on devient télétravailleur. Ce n’est pas une question de confort mais bel et bien un principe de précaution.

Par contre, des décisions non concertées et incomprises peuvent laisser des traces tenaces dans l’appréciation que les salariés peuvent avoir de leur Direction. Attention à ne pas les accumuler. Les demandes de concertation et de dialogue que nous lançons régulièrement à l’adresse de notre direction ne sont pas le reflet d’un désir de reconnaissance, elles expriment la volonté de bien faire, pour le bien-être des salariés et de l’entreprise.

Emmanuel Macron retournera sûrement devant les urnes pour briguer un nouveau mandat. La crise sanitaire fera partie du bilan qu’il ira défendre. Les français choisissent leur président. Quand aux salariés, ils ne choisissent pas leur patron, mais ils peuvent choisir leur entreprise quand l’occasion leur en est donnée.

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