L’accord d’intéressement 2023-2025 a produit les plus petites primes jamais accordées par Lectra. Seuls les salariés de très grande expérience peuvent témoigner du contraire. Car oui, de 1990 à 1995, les primes ont été plus petites encore. Mais ce n’était pas le sujet. Lectra perdait beaucoup d’argent. La préoccupation d’alors était de préserver l’emploi et de sauver Lectra.

Trente ans plus tard, le visage de Lectra n’est plus le même. Les indicateurs de performance sont bons: EBITDA, Cashflow, Résultats, Dividendes. Ces indicateurs montrent tous une entreprise en progression depuis 15 ans.

Les faibles primes ne s’expliquent donc pas par la performance de l’entreprise. Elles trouvent leur origine dans une formule complexe, que la CFDT cherche à la fois à dénoncer et à expliquer. La dénoncer, parce que nous n’en partageons ni le fond ni la forme. L’expliquer, pour vous permettre de comprendre l’origine des faibles montants constatés ces dernières années.
PRIME = 6.77% x Masse Salariale x Objectifs
Comme nous l’expliquions dans un précédent article, le montant de la prime dépend de l’atteinte d’objectifs. Or, cela fait maintenant quatre années consécutives que ces objectifs ne sont pas atteints.

Taux d’atteinte des critères de la prime 2025 : L’objectif sur l’EBITDA était fixé à 110 millions d’euros. Nous n’en avons réalisé que 80, à peine au-dessus du minimum requis : la performance a ainsi été évaluée à 0,77 %. Sur un autre critère, la progression des contrats récurrents, Lectra n’a pas atteint le seuil minimal : le résultat est donc nul. Seul l’objectif commercial a permis d’éviter le zéro absolu, avec un taux d’atteinte de 35,76 %. Au final, la note globale pondérée s’élève à 11,04 % : nous n’avons donc perçu que 11,04 % de la prime prévue à 100 %.
Ainsi, même dans une entreprise performante — 2ᵉ performance historique sur le cashflow, 3ᵉ sur l’EBITDA — la note obtenue reste quasi nulle. Doit-on s’interroger sur le réalisme des objectifs ? Ont-ils été fixés à un niveau trop ambitieux ?
Pour la CFDT, le problème est plus profond : c’est la formule elle-même qui pénalise les salariés.
Le 2 juin prochain, Daniel Harari rencontrera les organisations syndicales. À cette occasion, la CFDT portera des propositions claires : une nouvelle formule, une nouvelle répartition, et un abondement renforcé. Une heure est prévue pour poser les bases de l’accord d’intéressement 2026–2028.
Nous entendons y défendre un dispositif plus juste, qui reflète réellement la performance de l’entreprise et le travail des salariés.